Islande la Magnifique

(Merci beaucoup à Julie pour le dessin et à BatVador pour la correction, Big Up l’Originale!!)

Ma recherche désespérée de compagnons de voyage, qui aura donné lieu à l’aventure Miss Travel, n’aura finalement pas été vaine : j’ai pu voyager pendant deux journées entières avec deux groupes différents, afin de découvrir les beautés des environs.

Le premier fut la découverte du « Golden Circle », le circuit touristique le plus connu du pays. Ce petit trip est à l’initiative de Jens, un allemand qui fut Helper à Efri-Ulfsstadir, et qui travaille maintenant dans une ferme des alentours. La 3e personne est Judith, une Hongroise, helpeuse dans une ferme de chevaux voisine de celle de Jens.

Le « Golden Circle » commence avec Gullfoss, dont j’ai déjà parlé dans mon précédent article. On va donc passer à la suite.

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La deuxième étape du circuit (qui en comporte 3) est le lieu-dit de « Geysir », qui a donné son nom à ce fameux phénomène géologique. L’endroit est constitué de plusieurs grands puits d’eau, de couleurs différentes. Un seul geyser est encore en activité et projette de l’eau à une vingtaine de mètres. Je laisse Fred et Jamy le soin de vous expliquer le fonctionnement de ces « cocottes minute » terrestres (l’extrait en question se trouve à 21 minutes. Vous pourrez d’ailleurs admirer Skógafoss et Gullfoss par la même occasion!

 

L’endroit est surmonté par des collines rouges et, chose rare ici, d’une forêt !

La dernière étape du Golden Circle est la plaine de ÞIngvellir. C’est ici, sur ce plateau où se rejoignent les plaques tectoniques européennes et américaines, que le plus vieux parlement du monde, l’Alþingi, a vu le jour en 930. Il a été déplacé depuis, car le terrain est assez instable. Les marques de l’activité de la croûte terrestre sont présentes partout, des crevasses, des rochers fracturés, tels des brownies trop cuits, et en prime un canyon. Le tout forme un ensemble unique, hors du temps, illustrant à merveille les forces qui façonnent notre planète.

La pointe du canyon domine le grand lac ÞIngvallavatn, offrant un superbe panorama.

De loin, c’est l’endroit que j’ai préféré du parcours. C’est si particulier que l’on pourrait y croiser des Trolls que l’on ne serait pas plus étonné que ça.

Le deuxième voyage s’est déroulé aussi sur une journée. Il était au départ prévu sur un week-end, mais le capricieux temps islandais nous a forcés à en écourter la durée. Cette fois-ci, la fine équipe sera constituée de 5 personnes :

— Judith (encore)

— Steven : un Américain (pas le sandwich) travaillant dans la même ferme que Judith ;

— Julie : une Française, jeune fille au pair à Reykyavik, que j’ai contacté via un groupe Facebook d’expatriés en Islande.

— Lydia, une Anglaise, également au pair et amie de Julie.

— Moi et ma VW Golf !

L’objectif, ou plutôt les objectifs, de ce petit voyage, seront entre autres le lac de Jökulsárlón  ainsi que le parc national de Skaftafell. Le tout est à peu à 3 h de route de mon coin. On va faire chauffer la Golf !

À 9 h, je récupère Julia et Laura, fraîchement débarquées de Reykyavik. Julia  « comate » à la place du mort, pendant que l’Anglaise prie tous ses grands Dieux pour qu’il ne nous arrive rien sur la route. À croire qu’elle n’a pas confiance dans le conducteur émérite que je suis !

Je stoppe la voiture une demi-heure plus tard, au milieu de la cambrousse, où nous attend notre « couple » américano-hongrois. Voilà, ça y est la bétaillère est chargée à ras bord ! Je commence d’ailleurs à flipper, car il se met tranquillement à pleuvoir, et comme je vous l’ai déjà dit, le moteur ma petite Golf a une fâcheuse tendance à d’arrêter tout seul. Ce fut donc le stress dans la voiture pendant 10 minutes, ne sachant pas si notre voyage allait être tué dans l’œuf par le perfide temps islandais. Mais nous sommes rapidement sortis des nuages et nous avons donc pu continuer notre route sous un ciel bleu.

Premier véritable arrêt : Vik, une petite bourgade du littoral, comptabilisant 300 habitants, assez réputé pour son cadre. En effet, le village est coincé entre deux grandes falaises et le tout est très vert. Sur la plage, nous apercevons un phoque qui nage au loin, en nous observant. 20 minutes plus tard, nous reprenons la route.

Le trajet est donc censé durer environ 3 h… à condition de ne pas s’arrêter tous les 30 km pour prendre des photos ! Mais bon, comment faire autrement les paysages changent tout le temps et sont toujours surprenant et magnifiques !Comme par exemple, cette petite cascade qui tombe à pic juste derrière ces quelques maisons. Malgré l’isolement, ça donne envie d’y habiter !

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Ou encore ces hauts plateaux au milieu de la plaine.

Ou ce grand désert, tout plat, de roches volcaniques.

Bref, nous mettons près de 4 h 30 à atteindre la zone du lagoon ! Rien que pour la ballade, ça valait le coup ! Et encore, on aurait pu prendre encore plus de temps !

Nous sommes quasiment sûrs d’être arrivés, mais même en cherchant bien, nous ne voyons que la mer à droite et des monceaux de rochers à gauche. Trouvant un petit parking, nous nous arrêtons afin d’aller jeter un œil derrière ces fameux rochers. Et là… J’avais beau être prévenu, les mots m’ont manqué. Voyez :

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Judith dira que c’était « l’endroit le plus paisible qu’elle n’ait jamais vu ». En y réfléchissant, mis à part le lac Saima la nuit, c’est effectivement le coin le plus zen que j’ai visité. Les seuls bruits (car nous nous sommes arrêtés environ 1 km avant le visitor center où tous les cars déversent leur chargement de touristes) sont ceux de la glace qui craquent et des oiseaux qui plongent pour attraper du poisson.

Les icebergs, de couleurs différentes, glissent lentement vers l’embouchure du lac où ils rejoignent l’océan. Parfois, quand ils sont trop gros, ils se brisent en plusieurs morceaux dans un fracas de tous les diables, créant au passage quelques petites vagues qui peuvent surprendre !

Nous restons là un moment à nous relaxer. Certains dessinent, d’autres écrivent, et d’autres… Pioncent (Présent !) ! Bref, chacun se ressource à sa façon dans cet endroit magnifique.

Il est bientôt temps de repartir. Le temps d’un café au Visitor Center (où nous nous félicitons de nous être arrêtés avant, à la vue de la foule immense qui y grouille), et nous repartons vers le parc National de « insérer un nom à la noix »… de Skafatell !

  Après une petite marche à travers la lande, nous arrivons à un glacier, moins beau que le précédent il est vrai, mais plus impressionnant ! Comme nous nous déplaçons en décalé par rapport aux autres touristes, une fois de plus le paysage s’offre à notre seul petit groupe, et nous permet de profiter à fond du décor et du silence !

La toute dernière étape du voyage est une particularité digne du pays. Imaginez que vous roulez sur une route de littoral : à droite, le glacier Eyjafjallajökull, dont le volcan a provoqué de terribles coulées de boues et paralysé le trafic aérien européen en 2010 et à gauche des dunes et des plages noires balayées par les vents. Et là, vous prenez un petit chemin chaotique, seulement balisé par des petits piquets de bois, qui vous emmène à travers les dunes, au milieu de nulle part. Vous roulez pendant quelques kilomètres comme ça, et BIM ! Qu’est-ce qui apparaît au détour d’un virage ?

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UN AVION ! Un vieux DC-3 de l’US Navy qui attend tranquillement ici depuis 40 ans ! Vision assez irréelle s’il en est !

Alors comment ce zinc est-il arrivé là ? Il faut savoir quand pendant la 2de Guerre mondiale, l’Islande était sous occupation américaine, car les Alliés craignaient les nazis envahissent la petite île et s’en servent comme base avancée pour attaquer les États-Unis ou le Canada. L’Islande fut donc sous protection (envahie, quoi) britannique, puis américaine.

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Durant la Guerre froide, les Américains vont garder une importante base militaire à Reykyavik, point stratégique dans le rapport de force entre les USA et l’URSS.

C’est dans ce contexte qu’en 1973, un DC-3 de l’US Navy en panne sèche s’est posé comme il a pu sur le sable noir. (Source)

Et le plus drôle, c’est qu’il y est resté, nous offrant ce décor irréaliste. Nous prenons notre temps pour explorer l’épave de l’avion-fantôme, de fond en comble. Nous prenons même quelques photos sur le toit de l’appareil. Si on m’avait dit qu’un jour je ferais le cake sur un avion de ligne. Et comme je suis quelqu’un qui n’a pas peur du ridicule, j’ai encore hissé mes couleurs!

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Mais l’heure tourne, et bientôt il nous faut repartir, car Julie et Lydia ne doivent pas louper leur bus pour rentrer à Reykyavik. Nous repartons donc, un peu fatigués et des étoiles plein les yeux.

Je dépose tout d’abord Judith et Steven à leur ferme et nous partons ensuite vers Selfoss, où je dois déposer mes deux passagères. On se dit au revoir, et je repars vers mon destin dans ma Golf rouge, tel Lucky Luke sur Jolly Jumper !

(Sauf que moi je me suis perdu sur le chemin du retour, heureusement que j’avais les cartes du coin !)

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Islande: Voyage au pays de l’eau

(Merci à Mathilde qui a réalisé la bannière du blog, vous pouvez visiter son site à l’adresse suivante: http://www.woltem.com/)

Je vous ai expliqués précédemment ce que je faisais à la ferme, il est temps maintenant de vous parler du pays en lui-même.

Une des différences majeures avec mes précédentes places, c’est que je peux emprunter une voiture, quand elle est libre. En l’occurrence une VW Golf, avec pas mal de kilomètres au compteur et qui a tendance à tomber en rade quand il pleut des cordes. Mise à part ce petit détail (qui peut avoir son importance), la petite tourne bien, une fois que l’on sait comment la marche arrière fonctionne ! Bref, ça me permet d’avoir une certaine liberté pour me balader dans la région, et ainsi découvrir de jolis coins ! Et y en a !

Commençons par le commencement : l’Islande est le pays de l’Eau. La Finlande est aussi le pays de l’Eau (je vous rappelle : + de 100.000 lacs), mais dans un autre style, plus calme, à l’image du pays. Au contraire, l’Islande c’est l’Eau joyeuse, sauvage, énervée, qui dévale les flancs des montagnes en bondissant, chantant de si de là son amour de la liberté ! (J’en fais peut-être un peu trop là). Bref, c’est beau et cela donne lieu à de magnifiques cascades (foss en islandais).

La première que j’ai visitée, et qui se trouve à environ 30 minutes de la maison, est Seljandsfoss. Outre un dénivelé de plus de 40 mètres, cette cascade est célèbre car l’on peut passer derrière la chute d’eau, ce que je n’ai pas encore fait. En effet, c’était au début du mois d’avril, et toute la zone était recouverte d’une couche de 10 cm de pure glace, qui se forme grâce aux embruns de la chute.

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J’y suis retourner depuis, tout est vert, et j’ai pu passer derrière du coup ! Avec le soleil qui se couche (à 22h30), très beau:

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La plupart des touristes s’arrête devant celle-ci (qui est majestueuse il est vrai), prennent deux selfies pour les réseaux sociaux, et repartent. C’est dommage (pour eux, mais tant mieux pour moi) parce que si l’on prend le temps de marcher un peu le long de la falaise, on peut voir trois cascades de plus, dont la dernière, Gljúfrabúi, tombe à travers une crevasse. En plus y a un super point de vue sur la campagne environnante ! Et donc quasiment pas un péquin : le pied !

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Voici l’intérieur de la crevasse:

J’ai profité d’une autre balade pour accéder au somment de la cascade, par l’autre côté. Cette face offre également un magnifique panorama (malgré le vent violent qui me glaçait le crâne ce jour là, et vous connaissait pourtant mon isolation céphalique).

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Dernièrement, j’ai remonté la rivière qui alimente ces cascades. Une fois de plus, il n’y avait personne, et le paysage était vraiment magnifique. J’avais vraiment l’impression que tout m’appartenait, c’était grandiose. Ce fut une belle balade, assez épuisante il est vrai, car je suis quand même monté assez haut. D’ailleurs à partir d’une certaine altitude il restait quelques grandes plaques de neige, fondant lentement sous le soleil de mai. Il faut d’ailleurs se méfier car la terre y est humide, il m’est arrivé de m’y enfoncer jusqu’aux chevilles !

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Pour rester dans la thématique des cascades, voici Skogarfoss, l’une des plus connues du pays, d’une hauteur de 62 mètres, et on comprend rapidement pourquoi. Et ici aussi, les touristes sont de grosses feignasses ! La majorité reste au pied, un petit pourcentage (20% à vue de nez) prend la peine de grimper au somment pour profiter de la vue, et ensuite, quasiment plus personne pour remonter la tumultueuse rivière (la Skoga). Et bien, ils ont tord ! Ils passent à côté de magnifiques canyons, creusés dans la roche volcanique, d’un nombre impressionnant de chutes d’eau et de panoramas magnifiques. Du coup, tout ça pour moi ! Pour la petite histoire, après avoir marché une heure le long de la rivière, j’ai commencé à me dire que j’allais arrêter et revenir sur mes pas dès que je ne verrais plus de cascade. Sauf que des cascades, y en a tout le long ! Donc je me suis quand même arrêté, sans quoi j’allais finir sur le glacier.

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Enfin pour finir, le mastodonte Gullfoss (la « cascade d’or ») (hauteur totale : 32m, débit moyen : 140 m³.-1). De loin la cascade la plus connue du pays (et donc la plus visitée, y a trop de monde!).

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Pour la petite histoire, elle a failli être détruite au début du XXe siècle, car il fut envisagé de construire une centrale hydroélectrique à cet endroit (vu le débit, je vous laisse imaginer la puissance de l’engin). Mais les propriétaires de l’époque tinrent bon, et ne cédèrent pas aux avances. On raconte même que la fille de l’un d’eux, Sigríður, menaça de se jeter dans la cascade si jamais on persistait dans l’idée de construire cette centrale. Beaucoup la considère comme la sauveuse de Gullfoss, ce qui n’est pas complètement vrai. Néanmoins, une stèle lui rendant hommage se trouve à quelques mètres de la chute.

La zone fut finalement vendu à l’État islandais, qui en fit un espace protégée, ainsi qu’une attraction touristique de premier ordre.

Plus dépaysant, voici les plages et dunes de sable noir. Je sais pas si c’est clair sur les photos, mais ce paysage fait vraiment penser à la Lune (car oui je suis déjà allé sur la Lune, vous saviez pas?). Des monticules lisses, sombres, fait d’un sable noir d’une extrême finesse, à la limite de la poussière, et surmonté de quelques herbes jaunes. Et un peu plus loin, des grandes plages, immenses, sur lesquelles viennent s’écraser les vagues de l’océan Atlantique… qui au passage en profite pour vomir une partie des saloperies humaines qui le polluent. Ça casse un peu le tableau d’ailleurs, pour être tout à fait franc. Mais bon une fois face à la mer, on arrive à faire abstraction sans trop de problème.

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D’ailleurs, pour accéder à cette plage, je suis passé à travers un camping, fermé pendant l’hiver. La déco est originale, mais aurait besoin de quelques Helpers pour être rafraîchie un peu je pense ! Vu les vents qui soufflent ici, j’ose pas imaginer la galère que ça doit être d’installer une tente !

A ce propos, il y a quelques semaines, je suis allé avec Jon débarrasser une voisine… des ruines de sa caravane qui encombrait son jardin ! Pendant l’hiver, une bourrasque a littéralement soulevé l’infortunée de plusieurs mètres, suite à quoi elle a complètement implosé en retombant sur le sol. Je vous raconte pas le gâchis ! Quel pays sauvage !

Voilà maintenant quelques photos de coucher de soleil prise de devant la maison, où coule une petite rivière. Très agréable de s’y balader le soir quand il ne fait pas trop froid (ce qui n’arrive quasiment jamais!).

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Pour finir, une petite histoire. Une grande partie de la population croit encore dur comme fer aux elfes et aux trolls (et quand on voit les paysages, on a aucun mal à les comprendre!). Entre autre, ils sont censés habiter dans de gros rochers. Du coup, vous pouvez croiser à certains endroits, au bord de la route, des gros rochers sur lequel sont posés des petites portes en bois, qui rendent ainsi honneur au peuple elfique.

PS: Après avoir enquêté auprès de la populasse locale, il s’est avéré que ces légendes étaient en fait plus destiné aux touristes, et que de nos jours plus grand monde y croyait. Mais bon, je n’ai pas fait toute l’île, on ne sait jamais Mouahahhahahahah!

Une petite mésaventure cocasse: Miss Travel

J’avais une petite histoire à vous raconter. Ici, en Islande, je suis le seul Helper, dans la même situation qu’en Finlande. Vu les paysages magnifiques et uniques que l’on peut trouver, j’ai bien envie de voyager dans le pays, comme j’ai fait ailleurs. Hors, si en Angleterre j’avais Simone, en Irlande la meute et en Finlande la famille, ici je suis solo du ghetto. J’ai donc appelé internet à la rescousse et me suis mis en quête d’un ou plusieurs compagnons de voyages. J’ai commencé mes recherches via HelpX, qui a une section dédiée sur son site. Mais malheureusement, la plupart des volontaires se seront là qu’à partir de juin. Chou blanc. Je me suis donc tourné vers mon meilleur ami, celui qui a toujours eu réponse à mes questions : Google.

Je me retrouve donc sur la page d’accueil du bien nommé MissTravel.com.

Il y est indiqué que déjà plus de 500.000 voyages ont été organisés via ce service. Je décide donc de m’inscrire, de toute façon je n’ai rien à perdre. Je précise qu’à ce moment-là, j’étais (et je le suis encore!)complètement dans l’esprit compagnon de voyage, auberge de jeunesse, bonne ambiance, apéro, saucisson, et rien d’autre! Sur la première page, on me demande, entre autre, si je suis intéressé par des compagnons masculins ou féminins. Je mets les deux, personnellement je m’en fous, ce qui compte c’est que les gens soient ouverts d’esprit et sympas! Un peu plus loin, on me demande si je suis un « generous member » ou un « attractive member .Je m’arrête un instant, ne comprenant pas trop de quoi il s’agit. Après réflexion, je me dis qu’il s’agit d’un critère de voyage (du genre voyager « à moindre coûts » ou au contraire de « manière dépensière »). Bon n’étant ni l’un ni l’autre, je clique sur generous member, me disant qu’il est toujours temps de discuter des coûts plus tard. (Depuis cette histoire, le site a un peu changé et cette page a été remplacé par ceci, qui est bien plus explicite et qui à le mérite de bien vous montrer l’esprit du site!).

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(l’aparté temporelle étant terminé, je laisse l’histoire reprendre son cour). 

Voilà, la première étape est passée. On me demande maintenant une photo de profil (normal). Il est précisé qu’elle doit être approuvée par le site avant d’être publiée (je me dis qu’il s’agit d’une procédure anti-robot, donc rien d’anormal).

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(Oui, je me suis un peu lâché sur les infos de ce compte de démonstration, désolé M. le Président!)

Je commence ensuite à compléter le reste de mon profil. On me demande ma taille, mon poids, la couleur de mes yeux etc … Je me fais alors la réflexion que ce formulaire correspond plus à un site de rencontre qu’à un site de routards sympathiques. Wait a second… Je retourne sur Google et inscrit miss travel dans la barre de recherche. Je vous jure, la 3e suggestion automatique est « miss travel prostitution » (preuve à l’appui).

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Oh nom didjou ! Mais qu’est-ce que c’est que ce merdier !

Je tombe alors sur quelques articles en français (ICI et ) qui décrivent le fonctionnement plus que douteux de ce site web ! En gros, il y a 2 types de personnes sur ce site (comme nous l’avons déjà vu):

– les « generous members » (traduisez «  j’ai la tune à ne plus savoir quoi en foutre »)

– les « attractive members » (traduisez « je suis super joli(e), on part quand tu veux, et plus si affinité! »).

En fait, le site met en relation des personnes désireuses de voyager gratuitement avec des personnes soucieuses de découvrir le monde bien accompagnées, et qui sont prêtes à payer pour ça. Oui, c’est plus ou moins un site d’escort! Remarquez, la devise du site (que je n’avais pas vu) c’est « Beautiful people travel  free ! » (les belles personnes voyagent gratuitement). On ne peut plus clair ! Voici d’ailleurs la liste des destinations les plus demandées, c’est sûr ça transpire le trip nature avec dodo chez l’habitant et découverte du folklore local (sarcasme).

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Imaginez maintenant ma stupeur lorsque je me suis rendu compte sur quoi je m’étais inscrit (en plus, tout dans l’esprit du site va à l’encontre de mes principes de bases, en particulier concernant les voyages!).

!! La panique !

Vite, vite, « paramétrage compte ⇒ supprimer le compte ». Et là, le message suivant apparaît:

Capture du 2015-05-15 21:57:18

Quoiiiiiiiiiiiiiiiii ????? vous êtes sérieux ??? Donc ça veut dire qu’il faut que j’attende 10 jours avant d’effacer cette chose infâme de mon profil Internet ? Encu****** !!

Je me décide donc revenir 10 jours plus tard, heure pour heure, afin d’éradiquer le moindre bit (c’est le cas de le dire !) de cette anomalie numérique. Mais attendez, l’histoire ne s’arrête pas là!

Le lendemain matin, j’ouvre ma boite mail. Oula, 4 messages de MissTravel.com ! Le premier pour me dire que ma photo de profil avait été approuvé (trop gentil). Les 3 autres, pour me prévenir qu’un certain « Latinmuscletruc » m’avait envoyé DEUX putains de messages et un « clin d’œil » ! Tonnerre de Zeus mais c’est pas vrai ! J’ouvre le message qui dit un truc du genre « Salut, moi c’est Rodrigez j’aime la muscu et les nouvelles rencontres, et j’aimerais bien aller à Reykjavík etc… » Bordel. BORD-DEL! Eh oui, rappelez vous, j’avais mis « intéressé par femmes ET hommes », MAIS POUR ME FAIRE DES POTES ! Quand au deuxième message, il me faut payer pour le voir (pour répondre aussi d’ailleurs. En fait quand t’es generous tu dois tout raquer. Par contre pour, les autres c’est full-free). J’abandonne donc lâchement mon interlocuteur à une attente infinie, et supprime dare-dare ma photo de profil, à défaut de pouvoir supprimer ce foutu compte !

Voilà, à l’heure où j’écris ces lignes, mon super compte Miss Travel a enfin été supprimé, ce fût d’ailleurs relativement laborieux ! Les screenshots proviennent d’un faux compte que j’ai créé afin d’illustrer cette article.

J’ai retenu la leçon : faites bien gaffe sur quoi vous vous inscrivez !

Voilà, j’ai raconté cette histoire, pour vous faire rire (parce que oui c’est quand même assez drôle), et aussi pour éviter que d’autres pommes dans mon genre se fassent avoir ! Si vous voulez en savoir plus je vous invite à aller découvrir cette anomalie numérique par vous même, pour ma part j’ai assez donné!

Portez-vous bien, et mangez des pommes!

PS: J’ai failli être beaucoup plus vulgaire dans mon récit, puis je me suis rappelé que mes grands-parents me lisaient!

Islande: On plante le décor!

  Le matin du 9 avril, je me mets en route pour la dernière étape de mon périple. Je quitte donc Oslo où je viens de passer deux jours, direction Reykjavík (ou plutôt, Keflavik, à 50 km de la capitale, où se trouve l’aéroport international). Le vol se déroule sans histoire, mis à part que mon voisin de droite enquille bibine sur bibine ! Arrivé à l’aéroport, je prends un bus qui me permet de me rallier à une des gares routières de Reykjavík. Mais comme cette navette prend du retard, je loupe le bus qui devait m’amener à l’autre gare routière ! Du coup, me voilà à attendre pendant 4h le prochain bus pour Hvolsöllur, le bled où doit me récupérer Jórunn, mon hôte. Je profite de l’attente pour faire quelques courses (très pratique en se traînant un peu moins de 30 kg de bagages !) car il commence à faire faim. Commence donc l’attente, à l’abri heureusement. Je trouve dans un coin une prise électrique, ce qui me permet de profiter de Kaamelott durant ces heures perdues, les rendant tout de suite plus agréables ! Je monte finalement dans le bus à 16h, alors qu’une petite tempête de neige se lève ! Première constatation à l’intérieur de celui-ci : un écran indique les arrêts !! De plus, le chauffeur ayant bien compris où je voulais aller et que je m’en sortais pas avec la prononciation des bleds prend soin de moi. Du coup, j’arrive à l’heure prévue à Hvolsöllur, sans me tromper d’arrêt (yeahh), et après avoir traversé une tempête de neige. Les premiers contacts avec le célèbre temps islandais sont impressionnants !

Me voilà arrivé à Efri-Ulfsstadir, la ferme (la deuxième après l’Angleterre) où je vais rester jusqu’au début du mois de juin. Alors niveau isolement, c’est au moins aussi fort qu’en Finlande, voir pire, le premier bourg étant à 20 km !! Mais bon c’est pas pour la ville que je suis venu ici, donc c’est pas grave !

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Petit aparté « chiffres » pour que vous vous rendiez bien compte :

Islande France métropolitaine

Superficie

103 001 km² 551 695 km2
Population 320 000 habitants (soit l’équivalent de Nice)

63 136 180 habitants

Densité de population 3,2 hab/km²

117 hab/km²

La ferme est située dans une plaine, à quelques kilomètres de la mer, et l’on peut apercevoir à l’horizon plusieurs massifs volcaniques, dont le célébrissime Eyjafjallajökull (débrouillez-vous pour la prononciation), qui paralysa l’espace aérien européen en 2010.

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Mes hôtes (Jón & Jórunn) élèvent une trentaine de taureaux destinés à la boucherie, qui sont consignés dans des étables.

En effet, en liberté dans des près, il y a un risque non nul pour qu’ils attaquent le premier bipède passant à proximité. Mais du coup, pourquoi on en fait pas des bœufs en les soulageant de leurs attributs ? Car après tout c’est bien plus docile et facile à gérer. Et ben tout simplement parce que les taureaux atteignent plus rapidement leur « potentiel barbaque », dirons-nous. Et aussi parce que apparemment ça change le goût de la viande (personnellement je n’ai pas trop fait de différence, mais je suis loin d’être un spécialiste). Il faut prendre soin des bestiaux, en les nourrissant, en leur donnant à boire (oui je sais ça peut paraître évident, mais on me demande à chaque fois ce que je fais alors je détaille!) et de la paille propre (qu’ils s’empresseront de souiller). Pour une des étables, il faut régulièrement aller à l’intérieur, avec les bêtes, afin de contrôler l’abreuvoir. Et pour assurer sa sécurité et repousser certains taureaux qui peuvent se montrer très curieux (voir même carrément oppressants), j’ai à ma disposition un outil magique : un marteau !

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Il ne s’agit pas de Mjöllnir, mais il n’en reste pas moins efficace ! Si en général taper fermement sur les montants en bois de l’étable suffit à disperser le gros des troupes, il y a toujours un ou deux comiques plus hardis que les autres, et qui insistent pour « jouer » avec vous. Au début c’est rigolo, mais quand on se retrouve écrasé par une grosse tête musclée contre le mur, ça l’est beaucoup moins. Dans ce cas-là, il y a plus qu’une seule solution : un coup sec de marteau en plein sur le front, bim ! Alors, je sais, y en a qui vont hurler directement à la maltraitance animal. Déjà, sachez que je ne tape pas pour le plaisir, si je peux éviter, ben…j’évite ! Et ensuite, il faut savoir que ça ne blesse pas les taureaux (il suffit de les voir se battre pour en être convaincu). Et puis, je le redis, c’est le seul moyen de m’éviter une fracture du genou donc bon, a-m’en-donné faut choisir ! Et puis m**** à la fin, je suis quand même là pour les nourrir à la base !

(Histoire de vous rappeler ce qu’ils se foutent entre eux, à ceux-ci près que les miens sont pour la plupart décorné, et heureusement!).

Jón et Jóruun élèvent aussi des chevaux islandais, dans un champ un peu plus loin. Eux sont en liberté par contre, et plus dociles que leurs collègues cornus.

Au passage, je précise que l’Islande est le paradis des amateurs de dadas en tout genre. Une race propre, et des élevages dans tous les sens ! D’ailleurs s’il y a des intéressés, il y a pas mal de fermes qui élèvent des chevaux sur HelpX, et qui recherchent des gens avec des compétences équestres. A bon entendeur…

Il y aussi un chien (complètement taré) et 3 chats :

Je m’égare. Pour en finir avec la description de la ferme : je savais que les Islandais possédaient le plus gros taux d’équipement automobile par habitant. Euh, ben j’ai pas été déçu ! Jugez plutôt (je compte tous les véhicules présents sur site, et que je ne fais aucune distinction entre ceux qui appartiennent à mes hôtes et ceux qui appartiennent au neveu par alliance de la petite-petite-fille d’Erik le Rouge)  :

  • 7 voitures (dont au moins deux qui ne peuvent pas rouler à l’heure actuelle)
  • 2 motos
  • 1 quad
  • 4 tracteurs
  • 1 mini-Manitou
  • 2 excavatrices
  • 2 camions (dont un hors de service)
  • 3 carcasses de tracteurs
  • 1 tracteur-tondeuse à gazon

Plus pas mal de matériels remorquables ! De quoi donner un peu le tournis ! A priori les taureaux présents seront les derniers, car mes hôtes veulent passer à autre chose. Eh ben s’ils n’ont pas d’idée de reconversion ils pourront toujours ouvrir une agence de location, ils disposent déjà d’un sacré parc !

En dehors des taureaux, j’aide Jón sur d’autres boulots, comme la restauration d’un Berlingo (oui oui), le nettoyage d’un compartiment de l’étable à coups de Karcher. Ces derniers temps je file un gros coup de main à la manutention des balles de foin et de pailles, car le mini-manitou qui sert à les trimbaler est en rade. Ce qui veut dire que une fois à l’intérieur, il faut se les bouger à la main! Et je peux vous assurer que ça fait les bras!  Je m’occupe aussi de la collecte sur la propriété de déchets en tout genre, qui sont dispersés entre autre par les vents violents. Ça revient à se balader dans les champs sous le soleil, y a pire comme job !

Transition parfaite pour vous parler un petit peu de la météo. Le temps ici peut être un peu capricieux. Voici deux photos, qui ont été prises à un quart d’heure d’intervalle (je précise que c’était à la mi-avril)!

Incroyable, non ? Outre cela, le paysage est régulièrement battu par les vents, ce qui explique en partie le fait qu’il n’y ait que très peu d’arbres sur l’île (ça me change un tantinet de la Finlande). En ce moment, il fait en moyenne 6-8°C le jour, mais le soir, quand le soleil a fait semblant de se coucher, on descend très rapidement, des fois jusqu’à -7°C ! Pas terrible pour les balades « nocturnes » (oui, parce que ça y est, la nuit n’est plus vraiment noire, mais plus du tout), surtout quand ça souffle !

Voilà, le décor est planté ! Je vous parlerai dans un prochain article des balades que j’ai pu faire et de ce que j’ai vu. Ah, et au fait, j’ai RE-vu des aurores boréales ! Eh ben c’était trop beau.

Et pour vous faire patienter, je vous laisse avec mes deux vulgarisateurs préférés, qui vont vous faire découvrir le pays!

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Peace !

Finlande: Dernière et Clap de Fin

Pour cet article, un petit fond musical : Jean Sibelius – Finlandia

En introduction, voici quelques photos d’une « expédition arctique », comme dirait Antti : la pèche sur la glace, à l’Inuit ! On fait bêtement un trou dans la glace (40cm d’épaisseur, je rappelle) à l’aide du foret ci-dessous (belle bête), et l’on y plonge un hameçon avec un petit ver rouge accroché au bout. Et on attend. Pendant que le papa s’occupe des enfants, je suis assigné au maintien de la ligne. Je m’installe donc confortablement sur ma trottinette des neiges, de manière à ce que la canne ne m’échappe pas, même si je pique un petit roupillon (ce qui risque fortement d’arriver) !

La trottinette des neiges (Potkukelkka en finnois), je ne vous en ai jamais parlé ? C’est un moyen de locomotion très utilisé durant l’hiver (pour des raisons évidentes) dans les pays du Nord. Il s’agit tout simplement d’une bête chaise en bois montée sur une paire de longs rails métalliques souples. On s’en sert pour se déplacer, et l’on peut donc emporter un passager (ou plusieurs si ce sont des enfants qui aiment les positions inconfortables!), ou du fret.

Ça peut paraître un peu idiot et rustique, mais c’est très efficace. A condition bien évidemment que toute la surface à parcourir soit recouverte de neige sans le moindre trou. Cela m’est déjà arrivé alors que j’étais lancé à pleine vitesse…Je suis littéralement passé par dessus la chaise, pour finir la tête à l’envers, en train de me demander ce qu’il venait de m’arriver !

La trottinette des neiges, c’est même un sport, et tous les ans des championnats du monde ont lieu en Norvège. Y a même un taré de Suédois qui s’est amusé à monter un moteur fusée dessus ! ‘Sont pas finis dans ces pays…

Donc, pour en revenir à nos poissons, je m’endors tranquillement au bout de la ligne (on est vraiment en droit de se demander qui pêche qui). Mais au final, la session de pêche ne dure pas car les enfants veulent rentrer. Nous n’attraperons donc pas le déjeuner aujourd’hui, le bilan s’élevant à une dizaine de vers congelés. Un peu maigre pour un repas pour 6 personnes !

Maintenant, je vais vous emmener visiter une petite île du Lac Saimaa, Jussilansalmi (pour être franc, je ne suis pas sûr du nom, avec leurs déclinaisons à la noix), qui se trouve à 5 km de la maison. Outre le fait que l’endroit est très sympathique et reposant quand le temps y met du sien, il y a sur cette île, pour subvenir aux besoins matériels et culturels de ses habitants, une épicerie ainsi qu’une petite bibliothèque. Cette dernière est en libre-service, comme on peut le voir dans certaines associations ou dans des camps de vacances (CCAS RPZ). C’est-à-dire qu’il n’y a pas de bibliothécaire, et que l’on note ce que l’on a emprunté sur un registre. Un système fondé sur la confiance qui a priori fait ses preuves.

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Tellement fait ses preuves que la petite épicerie est également en libre service ! Y’a pas de caissier ! Pas de cameras ! Pas un outil de surveillance ! RIEN ! Je n’ai JAMAIS vu ça de toute ma vie ! Par contre, les rayons, eux sont pleins ! On y trouve à manger et à boire, des glaces, tout ce qu’il faut pour un pique-nique ou un barbecue, des produits d’entretiens, ainsi que des produits dérivés au couleur du coin : T-Shirts, casquettes, bonnets, calendriers… (au cas où vous auriez surkiffé votre séjour sur l’île de Saint-Paumé-du-Lac) . Y a même des paniers et des abris à oiseaux en écorce de bouleau ! (à 20€/pièce quand même). Et donc, comment ça marche ? Et ben comme à la bibliothèque ! On inscrit sur un cahier ce que l’on a acheté avec le total de ce que l’on doit, et l’on met l’argent dans une caisse fermée (ai-je besoin de préciser que cette caisse n’est attachée à rien…). Du coup, cela nous oblige à avoir l’appoint, car elle ne rend pas la monnaie (évidemment…).

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Ce petit magasin est également utilisé par les plaisanciers qui se baladent sur le lac en bateau. L’endroit est signalé par une série de panneaux, plantés sur les îlots environnants, et un quai permet de tranquillement s’arrêter pour un goûter au soleil (si soleil il y a bien évidemment). Sincèrement, si vous avez déjà vu un magasin comme ça, dites-le moi parce que franchement ça court (difficile pour une échoppe en même temps) pas les rues. Et a priori ça marche, vu que c’est encore là !

Un pivert … (on les entends de très loin).

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  A ne pas confondre avec cet autre Pivert: 

Trois jours avant mon départ avait lieu à Lappeenrenta un petit événement : l’ouverture du canal entre le lac Saimaa et la mer Baltique, du côté russe. Beaucoup de fret et de touristes passent par cette voix d’eau. Tout le long dudit canal, des curieux se pressent pour voir le « Protector » briser la glace. Ce petit événement symbolise le retour du printemps, et par définition la fin de l’hiver.

Comme un symbole, juste au moment où le brise- glace passer devant nous, le soleil a fait son apparition. J’avoue que pour moi, pauvre étranger perdu dans le grand Nord, le fait de voir pleins de gens se déplacer juste pour voir un bateau briser une fine couche de glace et passer une écluse a quelque chose d’un peu étrange, mais en même temps je n’y vis pas tout l’année, dans le Grand Nord !

Pour finir voici Antti au boulot, ainsi qu’un petite vidéo, que vous puissiez vous rendre compte de la chose. Il a également réalisé ce pendentif à la commande, qui représente le marteau de Thor. Nice work, isn’t ?

Voilà comme Caravellix (le Cétautomatix finlandais) façonne une pièce de métal qui servira à faire une poignée (massive) de porte:

Personnellement, j’ai ramené cette petite bague fait quasiment sur mesure :

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Le récit du voyage familiale arrivera prochainement, et sera rédigé, une fois n’est pas coutume, par ma maman (l’article passera par la case censure avant publication, bien évidemment).

J’ai donc quitté la Finlande le 7 avril, avec l’intime conviction que je reviendrai sous peu (je cherche d’ailleurs un stage sur place, donc si avez des plans n’hésitez pas à me les transmettre!). J’ai passé là-bas, au pays du métal et des saunas, 2 mois incroyables. Ce fût une expérience complètement différente, et bien que je fus le seul Helper, cela ne posa aucun problème. Antti et Antje ont fait le maximum pour m’intégrer à leur famille, me présenter à des gens du cru et me faire découvrir toutes les subtilités de la culture finlandaise. Ce fut très intéressant d’échanger avec eux, et je peux dire que c’est ici que j’ai tissé les liens les plus forts avec mes hôtes.

Donc, à Antti, Antje et toute votre famille de tarés : Kiitos !

Je laisse à Arnold le mot de la fin :

Cork & Kinsale

L’avantage d’avoir une Bretonne parmi tes compagnons de galère en Irlande, c’est que, malgré le sous-développement caractérisé qui touche cette région, il y a quelques ports, et donc des liaisons de ferry vers l’Eire, ce qui permet de voyager facilement avec une voiture (et encore, il y a peine 10 ans ils utilisaient toujours des charrettes à bœufs). Bref, cela est bien pratique car nous disposons du coup d’un moyen de transport (et d’un chauffeur) pour découvrir le Vert Pays. Il fut donc décidé d’aller passer un week-end à Cork, la deuxième ville du pays et située à environ 1h30 de voiture de Portloaise. Et ça tombe bien, parce qu’à partir du 23 octobre c’est le Guiness (évidemment!) Jazz Festival. Donc autant en profiter !

Les participants à ce trip de tous les dangers seront Tristan, Béatrice, Chiyu, Alina et moi (et oui, on rentabilise la voiture!). Nous nous mettons donc en route le vendredi 24 au soir, et arrivons vers 20h à Cork.

Notre camp de base (un appartement trouvé sur Airbnb) se situant relativement loin du centre, nous arrivons donc assez tard dans les rues animées de la ville, mais ce fût assez pour avoir un aperçu de l’ambiance chaleureuse de la ville. Nous verrons ce soir-là un petit concert de Blues, bien efficace et bien entraînant. Car oui, le festival de Jazz de Cork se nomme ainsi, mais en réalité beaucoup de styles sont représentés. Outre les têtes d’affiches qui se produisent dans les grandes salles de la ville, c’est près d’un millier de musiciens venus de différents horizons qui déboulent à Cork et dans les villes environnantes, et qui se produisent dans les pubs, ou dans les rues. Il y a des groupes de jazz (évidemment) mais aussi blues, rock, folk, celtique et même du reggae et des fanfares ! La musique est donc présente partout, à partir de midi jusqu’à deux heures du matin, et il y en a pour tous les goûts. Nous verrons en tout près d’une quinzaine de groupes différents sur les trois jours.

La musique est une composante essentielle de l’Irlande, on en trouve tout le temps et partout ! Même dans Kilkenny (8625 habitants) un dimanche soir, chaque pub accueil un ou plusieurs groupes, plus ou moins bons d’ailleurs, mais cela montre bien l’attachement des Irlandais à la culture musicale. Ce petit pays de 4 millions d’habitants a d’ailleurs quand même fourni plusieurs artistes majeurs de notre siècle comme vous le savez déjà, comme Rory Gallagher, U2, The Cranberries, The Dubliners et j’en passe !

Un "autel" à la glore de Rory Gallagher, l'enfant du pays.

Un « autel » à la gloire de Rory Gallagher, l’enfant du pays.

Pour en revenir à Cork, la ville ne présente pas d’intérêt particulier du point de vue architectural, mais reste quand même assez agréable à visiter. Le centre-ville a, comme dans beaucoup de villes européennes, était rénové ces dernières années, mais il subsiste encore des petites rues piétonnes très agréables à emprunter. L’English Market, le marché couvert, qui serpente à travers le quartier dans le quartier du même nom, est une étape sympathique si vous aimez la bouffe, avec sa multitude d’échoppes hétéroclites.

Nous déambulons dans la ville, à la recherche d’un magasin d’instruments d’occasion, car nous projetons avec Tristan d’acheter une guitare. En effet,  la pratique de la musique nous manque cruellement à tous les deux! Nous finissons finalement par trouver notre bonheur! Nous en profitons pour jamer un peu au milieu des instrus. J’en profite pour tester plusieurs basses électriques, et heureusement que je n’étais pas sûr d’avoir assez d’argent sur mon compte, parce que sinon je serais sûrement reparti avec l’une d’elle! Le butin de la session se résumera finalement à cette guitare electro-acoustique: DSCN0654

En retournant vers le centre-ville, nous pouvons admirer quelques représentants du street-art local, qui tranche avec la grisaille de la ville:

 La soirée est consacrée à la découverte en profondeur des pubs locaux et de leurs ambiances, ainsi que de multiples breuvages locaux (non, y pas de photos!).

Le dimanche après-midi est consacré à la visite de Kinsale, un petit village de pêcheurs à une vingtaine de km de Cork. Malgré le temps quelque peu humide, ce fût une belle visite, avec encore quelques concerts à la clé, le festival rayonnant (à l’inverse du soleil) jusqu’ici. Le centre est très coloré et calme, et regorge de petits coins insolites.

Le temps pour un chocolat et une crêpe et nous nous remettons en route, pour la dernière étape de notre excursion : une pointe rocheuse au bout de la route. Une intuition me dit que le panorama doit valoir le coup ! Après avoir roulé pendant bien une demi-heure dans la cambrousse, nous arrivons au «cap» « Old Head ». Enfin pas exactement, car l’extrémité de la pointe a été privatisée pour y faire… un golf privé ! Tant pis, on fait avec ce que l’on a ! Et bien, nous ne sommes pas déçu ! Un vent à décorner les bœufs souffle au bord des falaises à pique, au pied desquelles vient se fracasser l’océan Atlantique. Nous nous baladons tranquillement le long du littoral, profitant du silence et de la tranquillité du lieu, alors que le jour tombe peu à peu (il est alors 16h30!).

Nous prenons alors le chemin du retour, dans la nuit. Tout le monde dort sur la banquette arrière (alors qu’il est que 19h!), heureusement que je suis là pour tenir compagnie au chauffeur (et surveiller le GPS, qui en fait un peu qu’à se tête.)

Finlande: La suite!

En introduction, laissez-moi vous énoncer « dix faits incroyables » (ten amazings facts) à propos de la Finlande (je ne plaisante pas, j’ai trouvé cette liste dans la brochure de recrutement de l’université de Lappeenrantta) :

– Il y a 2,2 millions de saunas en Finlande (soit environ un sauna pour 2,5 personnes).

– Il n’y pas de téléphone public payant.

– Il n’y pas de pièces de 1 ou 2 centimes (en voilà une mesure intelligente).

– Un véhicule doit toujours rouler ses feux allumés.

– Le gouvernement finlandais est le moins corrompu du monde (l’UMP devrait venir faire un stage).

– Il y a une Journée Nationale de l’Échec (National Failure Day). C’est le 13 octobre, et cela a pour but de se souvenir des erreurs passées afin de ne pas les répéter.

– On consomme environ 12 kg de café par an et par habitant en Finlande, ce qui en fait le plus gros consommateur de café au monde (et oui, ça caille!). Au passage, la Finlande se classe 9e au niveau de la consommation de bière, devant la France, la Belgique et l’Angleterre (mais pas l’Irlande et l’Allemagne, faut pas déconner non plus!)

– Il y a pas mal de compétitions stupides ou décalées en Finlande, comme « la course du porter de femme (dans le sens de la compagne) », « le championnat de lancer du téléphone portable (au pays de Nokia, logique) » ou encore « le championnat du monde de air guitar ». A noter que jusqu’en 2010 se tenait également un « championnat d’endurance dans un sauna à 110°C », mais qui a été depuis supprimé, suite à la mort de l’un des participants. La sélection naturelle à l’œuvre !

Si vous voulez en savoir plus à propos des sports déjantés finlandais, c’est par ICI.

A propos de Nokia : avant de se spécialiser dans la téléphonie mobile et les télécoms ( et de se faire avoir par Microsoft), Nokia était une grande compagnie qui produisait divers biens de consommation, comme des bottes, des pneus, ou encore…du papier toilette.

Et à tous ceux qui me demandent si j’apprend à parler le finnois, je vous laisse avec cette image:

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Voilà, je pense que vous avez la réponse à votre question!

  Mes occupations à la Antti Ltd. sont assez variées, comme dans mes autres places HelpX, avec toutefois un point récurant : chauffer le sauna. En effet, la bête ayant besoin d’entre une et deux heures pour préchauffer (suivant la température extérieure) et fonctionnant au bois, il faut bien quelqu’un pour prendre soin du foyer, le père de famille étant retenu … ben avec sa famille ! Le pyromane qui sommeille en moi ne rechignant absolument pas à cette tâche, bien au contraire.

A part ça, le temps doux de ce prélude printanier fait fondre la neige (dont une partie regèle ensuite directement dans la nuit, transformant le terrain en patinoire), ce qui me prive de matière a pelleter. Je répartis donc mon temps entre le rangement de la forge et de l’atelier, le montage d’armoires métalliques ou dernièrement, le retapage de vélos (plus ou moins vieux) avec des pièces d’autres vélos (morts, ceux-ci) et divers autres tâches.

J’ai même fait mes premières armes en tant que forgeron ! (en réalité, il s’agissait seulement d’abattre une masse sur un poinçon , mais faut bien commencer quelque part !).

La nature se libère donc peu à peu de son manteau neigeux, laissant apparaître un sol humide qui reprend peu à peu des couleurs sous le soleil finlandais. La nuit, le temps clair dévoile un ciel magnifique , que l’on peut admirer avec un superbe panorama depuis la glace du lac Saimaa. C’est d’ailleurs un spectacle « Son et Lumière », car l’on peut entendre la glace « chanter ». En effet, les différents écarts de température entre le jour et la nuit entraînent des phénomènes de dilatation et de contractions, ce qui provoque des craquements et autres bruits étranges spécifiques à la banquise. Si, il faut le reconnaître, ces bruits participent à rendre l’atmosphère encore plus particulière, ils peuvent également faire bien flipper (surtout dans le noir, quand un énorme craquement surgit sous tes pieds!) . On s’attend à être englouti dans les profondeurs, en oubliant que la couche de glace est de plus de 40 cm (et c’est solide, je suis tombé dessus comme une m…, et ça ne s’est même pas fendu!) .

A propos d’images exceptionnelles, j’ai eu la chance il y a quelques jours d’assister à l’incroyable spectacle des aurores boréales. Pendant plusieurs heures, le ciel fut envahi de tumultes pâles ou vert. En finnois, ce phénomène s’appelle Revonlulet, ce qui peut se traduire par « feux du renard ». Effectivement, si je n’ai pas trouvé le renard, la ressemblance avec des flammes frappe immédiatement. Je m’étais installé à mon poste d’observation favori, sur le lac, assis sur une chaise, afin de profiter au maximum de l’inflammation silencieuse et froide de la voûte céleste. Nous ne savons d’ailleurs rapidement plus où donner de la tête, tant nous sommes entourés par des paysages plus beaux les uns que les autres. Bref, un moment irréel que l’on peut s’en risque qualifier de magique. Voici quelques photos de cette soirée prisent par des pros (mon appareil n’est pas assez performant pour ce genre de photographie, et j’avais autre chose à faire que de me battre avec ses réglages).

D’autres photos de cette nuit exceptionnelle ICI.

Dans un autre genre, mais en restant dans le folklore, j’ai également assisté à un match de l’équipe locale de hockey sur glace, Saipa. Le hockey est de loin le sport le plus populaire du pays (et on comprend aisément pourquoi!). C’est un sport très rapide et technique, assez difficile à suivre pour un œil profane comme le mien, et aussi assez violent. Apparemment, les charges et autres coups sont régis par le règlement, mais cela reste très impressionnant à voir. Et quand on n’a pas l’habitude, cela peut faire penser à de l’anti-jeu, mais ça fait justement parti du jeu. Personnellement, je sais que si ce genre de choses arrive sur un terrain de rugby, ça part en générale au bout de 30 secondes de jeu. Mais ne vous inquiétez pas, les joueurs sont très protégés, en particulier les goals, véritables hommes-blockhaus sur patins. Mais bon, même si la violence est « encadrée » les esprits peuvent rapidement s’échauffer et en venir aux mains, pardon aux gants. J’ai même pu voir un type faire un salto-avant après que son adversaire lui ait crocheté les deux pattes avec sa crosse. Le coupable est parti faire un petit séjour de 2 minutes en prison pour cette faute. Oui, on est violent, mais y a des limites quand même.

Voilà le résumé d’un de leurs matchs (je n’ai pas trouvé celui du match auquel j’ai assisté), afin que vous vous fassiez une idée:

Avec en prime la chanson officielle du club, qui passe dans le stade et sur les radios locales à chaque match (je n’ai absolument aucune idée des paroles) !

L’ambiance dans l’arène est sympathique et familiale, sur fond continu de musique, qui va de la techno-house pourrie-pourrave au bon gros heavy-métal. Et oui, il ne faut pas oublier que nous sommes en Finlande ! D’ailleurs, le retour des joueurs sur le terrain après chaque quart-temps se fait sur une bonne grosse chanson de bourrin de Motorhead, histoire de motiver tout le monde.

Saipa ayant marqué tous ses buts (et remporté son match 4 à 2) dans les 20 dernières minutes, la température a bien augmenté vers la fin du match, ce qui nous ferait presque oublier les premiers quart-temps , qui étaient passablement ennuyeux. Mais ce fut une bonne expérience !

Restons dans le métal pour vous parler de Klaustromania, un petit groupe de heavy-trash du coin. Le bassiste est le mari de la cousine (oula c’est compliqué) d’Antti, et j’ai pu assister à une de leur répèt et à un de leur concert. Concert au cours duquel je me suis retrouvé bombardé roady puis vendeur de T-Shirt, ma spécialité comme chacun le sait, surtout quand on ne parle pas la langue ! Le chiffre astronomique des ventes de la soirée se situe donc entre « rien » et « que dalle ». Y a pas à dire, la vente, c’est vraiment pas mon truc !

Klaustromania, c’est donc une bande de potes bien sympa, et je vous invite à découvrir leur musique :

Vous trouverez d’autres chansons ICI.

Oui, ils chantent en finnois, donc bon courage pour comprendre les paroles ! Il est bon de noter qu’ils ont un très bon son, même en concert, ce qui est rare pour un groupe amateur de ce genre. Faut dire aussi qu’il y en a pour plusieurs milliers d’euros de matos ! Ah, et un autre détail, ils ont enregistré dans le même studio que Children Of Bodom et Ensiferum ( deux groupes majeurs de la scène métal finlandaise), donc niveau qualité ça va, y a pire.

Bref, j’ai passé de très bons moments avec ces gars là, d’au moins 15 ans mes aînés, mais cela n’empêche pas de se marrer, surtout ici où il est courant de voir des groupes hétérogènes, au niveau de l’âge, passer du bon temps ensemble. Et en plus ils m’ont offert de la bière, que demander de plus !

Pour finir, j’ai parlé d’Ensiferum un peu plus haut. Sachez que ce groupe était numéro 1 du top 50 finlandais il y a quelques semaines avec son nouvel album « One Man Army », donc voici un extrait :

Ô que j’aime ce pays, tonnerre de Zeus ( pardon, d’Ukko, le Thor local)!